La biodiversité associée aux milieux aquatiques et humides

Les milieux aquatiques et humides sont des refuges de biodiversité !

Les zones humides et les milieux aquatiques accueillent une biodiversité remarquable. De nombreuses espèces animales et végétales dépendent de ces milieux pour accomplir leur cycle de vie (lieu de vie, d’alimentation, de reproduction, etc.). Les actions et travaux menés par le SMBI dans le cadre de plans de gestion oeuvrent pour leur protection, par le biais de la préservation et la restauration de leurs habitats.
Découvrez quelques unes de ces espèces sur cette page !

La Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris)

C’est une petite tulipe renversée que l’on voit fleurir à partir des mois de mars-avril dans les prairies humides. Les fleurs sont rose foncé et présentent un motif de damier, qui a donné son nom à la plante : les pétales de la fleur sont tachetés, comme les plumes d’une pintade !

A l’échelle nationale, cette plante a tendance à se raréfier, en raison de la régression des milieux humides qui constituent son habitat (urbanisation, mise en culture, drainage, etc.). Elle a malheureusement disparu dans plusieurs régions de France mais on la trouve encore par endroits sur le bassin de l’Isle !

Attention il s’agit d’une plante protégée, sa cueillette est donc interdite !

La Cistude d’Europe (Emys orbicularis)

Cette tortue d’eau douce vit dans les zones humides d’eaux calmes et bien ensoleillées, comme les marais, les étangs, les fossés. Elle apprécie particulièrement les fonds vaseux (où elle passe l’hiver) ainsi que la végétation aquatique abondante qui lui fournit nourriture et abri.

En se faisant discret, il est possible de l’apercevoir prendre des “bains de soleil” sur des branchages ou sur la berge, d’avril à septembre, prête à plonger dans l’eau à la moindre perturbation.

La Cistude d’Europe est une espèce protégée à l’échelle nationale, sa capture, sa destruction (y compris les sites de ponte), le déplacement d’individus, etc. sont strictement interdits.

La Rainette verte (Hyla arborea)

Cette espèces est principalement présente dans les points d’eau stagnantes des vallées alluviales, où la femelle pond ses oeufs, mais elle fréquente aussi les prairies humides et les boisements clairs.

Les tétards consomment des algues alors que les adultes se nourrissent d’insectes, d’alevins et de petits poissons.
Les individus peuvent migrer d’un plan d’eau à l’autre, sur une distance pouvant aller jusqu’à 4 km.

La Rainette verte est elle aussi protégée, toute perturbation ou destruction des oeufs ou individus est interdite, ainsi que les interventions ou travaux susceptibles de dégrader son habitat.

Le Cuivré des marais (Lycaena dispar)

Le Cuivré des marais est un papillon inféodé aux zones humides. Son nom lui vient de la couleur orange flamboyante des ailes du mâle. On le rencontre dans les milieux ouverts humides (prairies, marais), ensoleillés et peu impactés par les activités humaines. On le rencontre encore sur certaines zones humides du bassin de l’Isle.

L’espèce est protégée au niveau national, elle est menacée notamment par la régression et la dégradation de son habitat (assèchement, urbanisation des zones humides, déprise ou boisement, etc.)

L’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)

L’Agrion de Mercure est un odonate qui fréquente des milieux bien oxygénés (affluents de l’Isle, ruisseaux prairiaux, sources, suintements) dans les secteurs bien ensoleillées et où la végétéation aquatique et hygrophile est présente. La larve vit dans l’eau et se nourrit de zooplancton, jeunes larvres d’insectes, etc. L’adulte est également carnassier et attrape au vol ses proies (insectes).

Comme beaucoup d’odonates, cette espèce est sensible aux perturbations de la structure de son habitat (recalibrage, enrochement, curage des fossés), de la qualité de l’eau et de la durée d’ensoleillement du milieu (fermeture par les ligneux). C’est une espèce protégée au niveau national.

Le Damier de la Succise (Euphydryas aurinia)

Le Damier de la Succise est un papillon dont la face supérieure des ailes est orange et noire. On le rencontre dans les zones humides où ses plantes hôtes sont présentes (prairies humides, prairies à Molinie, etc.)

L’espèce, protégée au niveau national, est menacée par l’assèchement des zones humides (urbanisation, certaines pratiques agricoles) et la fragmentation de son habitat. La raréfaction de sa plante hôte (par exemple dans le cas d’amendement trop important des prairies) est également une pression pour l’espèce.

La Loutre d’Europe (Lutra lutra)

La Loutre est l’un des plus grands mustélidés d’Europe. Elle est en générale nocturne et se repose pendant la journée, dans un terrier ou tapie dans un fourré. Elle passe une grande partie de sa vie dans les cours d’eau qu’elle utilise pour se déplacer (c’est une très bonne nageuse !) et pour se nourrir (poissons, amphibiens, crustacés, etc.), et ne quitte le milieu aquatique que pour dormir.

C’est une espèce protégée au niveau national, les principales menaces pour la Loutre sont la raréfaction et la dégradation de son habitat (pollution et eutrophisation de l’eau, contamination par des produits phytosanitaires), ainsi que les collisions routières.

Le Vison d’Europe (Mustela lutreola)

Le Vison d’Europe est un mustélidé de petite taille (30-40 cm). Il a l’allure générale d’un putois de petite taille, et son pelage est brun foncé avec une tache blanche sur le museau. Il est fréquemment confondu avec le Vison d’Amérique qui a la même allure mais est de plus grande taille. C’est un animal semi-aquatique, il passe la majeure partie de son temps sur la terre ferme car il n’est pas bon nageur, mais se déplace également dans l’eau. Il apprécie particulièrement les cours d’eau forestiers, les boisements inondables, les prairies humides, etc. C’est une espèce nocturne et très discrète, ce qui rend difficile son observation. C’est un carnivore opportuniste qui se nourrit d’amphibiens, de petits mammifères, de poissons, et d’oiseaux.

C’est une espèce protégée en danger critique d’extinction en France et dans le monde. Les principales menaces pour cette espèce sont la destruction de ses habitats (régression des zones humides), les collisions routières, la compétition avec le Vison d’Amérique.

Le Brochet (Esox lucius)

Le brochet peut se trouver dans les cours d’eau et les plans d’eau où la végétation aquatique est bien développée. Pour frayer, il utilise des sites secondaires d’eaux peu profondes avec développement d’une végétation herbacée, comme les bordures des lacs, les prairies humides inondées en fin d’hiver et au printemps, les bras morts, marais, etc. Une inondation continue sous 20 cm à 1 m d’eau est nécessaire pendant au moins 2 mois entre janvier et mai. C’est aussi dans ces milieux que se développent les alevins. Le brochet est un poisson carnassier qui se nourrit  principalement d’autres poissons, mais aussi d’amphibiens, de petits oiseaux et mammifères.

C’est une espèce protégée, le destruction ou l’enlèvement des oeufs de brochets sont interdits. La destruction des frayères, mais aussi des zones de croissance ou d’alimentation, est également punie d’une amende.

 

 

Plus d’infos :

Site de l’inventaire national du patrimoine naturel (INPN) : https://inpn.mnhn.fr/accueil/index